Apparu en France en 1392, d’après une étude du Laboratoire de recherche des musées de France, ce jeu de tarot nous parvient de Milan en Italie. Le tarot de Charles VI s’est alors répandu en Suisse, en Allemagne puis à travers l’Europe entière. Ce tarot est issu de jeux éducatifs à caractère initiatique, et parfois même ésotériques.
L’artiste de ce tarot reste inconnu. L’inspiration iconographique de ce jeu est à la fois issue de la culture médiévale et humaniste. Il a voulu faire sortir les personnages de leur espace scénique dans le but de mettre en évidence leur gestuelle. Le décodage de ces figures est de plus en plus mystérieux. En effet, les allégories et les symboles des lames, ainsi que la succession des atouts et leur coté ludique, ont développé l’imagination des initiés et provoqué de nombreuses interprétations.
L’organisation et les associations présentes dans le jeu de Tarot de Charles VI sont fascinantes ; tant par leur logique que par les groupes qui s’y forme. En associant le Pape, la Papesse, l’Impératrice, l’Empereur on ressort les vertus temporels. Les vertus cardinales sont représentées par la Tempérance, la Justice, la Force. Il y a également les images chrétiennes : la Mort, le Diable, la Maison-Dieu, le Jugement. Les astres sont aussi présents avec la Lune, le Soleil, l’Etoile, le Monde. Et enfin, un rapport à la culture populaire avec des cartes comme le Bateleur, l’Hermite, l’Amoureux, le Chariot, la Roue de la Fortune, le Pendu.